Dimanche 2 septembre 2007
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    « Prêter à rire et donner à penser », tel est le credo de Yannick Nédélec. Et voilà bien une devise de fabuliste !

   La fable est un art merveilleux, où le conteur rejoint le poète, où l’humaniste se fait humoriste, où le dramaturge devient un peu clown. La fable est l’alliance idéale d’un fond consistant et d’une forme fantaisiste.

   Balayant les souvenirs de récitations scolaires, « La revanche du corbeau » renouvelle le genre. Ses fables modernes se savourent, comme des gourmandises de l’esprit, sans le moindre risque d’indigestion. On s’étonne, on jubile, on s’émeut, on s’émerveille avec des chameaux alcooliques, des hiboux lunatiques, du sel raciste ou des vis vertueuses. On se surprend à rire et réfléchir en même temps !

   S’il ne fallait un clin d’œil au maître La Fontaine, le spectacle pourrait s’appeler « Au bonheur des fables » !


REVUE DE PRESSE

 

Le corbeau s’est vengé

Le Théâtre de la Cité de l’Ecrit a su dégoter un ovni humoristique du Festival Off d’Avignon. Un spectacle aussi original que talentueux.
Avec « La revanche du corbeau », Yannick Nédélec, fabuleux fabuliste, détourne les fables et détrône le monopole de La Fontaine. A travers ses jeux de mots et ses champs sémantiques habilement détournés, l’auteur et comédien apporte une réflexion sur la société moderne. A l’image de son mentor, les animaux et objets sont humanisés pour mieux dénoncer. Un spectacle très applaudi, qui a su brillamment démarrer la saison.

Centre Presse - Octobre 2007

 

 

Un fabuliste talentueux et subtil

Délicieuse soirée avec Yannick Nédélec et ses fables modernes écrites en vers, dont la morale vous tombe dessus parfois de façon surprenante mais toujours teintée d’humour.
Tous les thèmes de société sont abordés dans ces fables drôles et originales où chacun se retrouve peu ou prou. C’est bien écrit, bien joué, avec une mise en scène sobre dans laquelle plane le fantôme du grand maître de la fable dont le portrait se déplace au gré des humeurs de l’auteur.
Le public, ravi, est entré sans peine dans l’univers de Yannick Nédélec, écrivain de théâtre et excellent comédien, auquel il a fait une ovation.

La Nouvelle République - Septembre 2007

 


  Un régal

Il est vrai que le "monument" La Fontaine dans le domaine des fables pouvait décourager honnêtes successeurs ou dignes héritiers pour au moins trois siècles...

Mais aujourd'hui le défi a été relevé, et, nonobstant un hommage au maître - il fallait bien tuer le père, fût-ce avec gentillesse - Yannick NEDELEC se révèle un digne disciple de ce grand de la langue française et, s'enracinant de l'actualité (comme Jean à son époque) utilise de même ces pauvres animaux pour dénoncer nos travers - qui ne semblent d'ailleurs guère avoir changé... si ce n'est empiré !

Bref, un régal pour les yeux et les oreilles, que l'on pourra prolonger avec le livre en sortant du théâtre...

Revue-spectacle.com - Juillet 2007


Contact
:
yannedel@club-internet.fr

Par Yannick Nédélec - Publié dans : Présentation
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Dimanche 2 septembre 2007
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Tout monopole est contestable !
En commerce ou en politique,
et dans le domaine artistique.
Or, La Fontaine avec ses fables
détient une exclusivité
sur ce petit genre littéraire.
Je dis : ça commence à bien faire !
Ça manque de moralité !
Musique égale Beethoven ?
Peinture signifie Rubens ?
Et Chanson, ce n’est que Brassens ?
Non ! Mais Fables, c’est La Fontaine !...
  Je sais, Jean, ce n’est pas ta faute.
  Chacun devant toi se prosterne,
  chassant les impies : les modernes.
  Tu avais mis la barre si haute :
  quel défi d’écrire à ta suite !
  Quelle insolence ! Et ces poèmes
  par avance ont goût de blasphèmes.
  Les fables après toi font faillite.
  Tous les écoliers te massacrent,
  les professeurs te décortiquent
  - ton œuvre est si pédagogique -,
  on te déifie, on te sacre !
  Le catéchisme littéraire
  nous fait réciter ton corbeau,
  chanter Sainte Perrette ; c’est beau !
  C’est grand ! Alléluia mes frères !
La Fontaine était un génie.
Certes. Il n’était pas le premier
(Esope). Il n’est pas le dernier.
Les fables ne sont pas finies !
Il est utile à notre époque,
plus que jamais en vérité,
de revoir des moralités.
Présentées d’un air moins baroque.
Pousse-toi, Jean, tu fais trop d’ombre.
Les fables d’aujourd’hui se meurent ;
on ne voit plus que des chanteurs.
Fabulistes ! Revenez en nombre !

"La revanche du corbeau" est publié aux éditions Thôt.
Par Yannick Nédélec - Publié dans : Fables
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Dimanche 2 septembre 2007
2007
6 au 28 juillet - Avignon (84)

21 septembre - Montmorillon (86)

16 novembre - Barbey (77)

15 décembre - Genillé (37)

2008
12 janvier - Le Rheu (35)

8, 9 et 10 février - Verdun (55)

16 février - Annecy (74)

9, 10, 11, 12, 16, 17, 18, 19 avril - Aix en Provence (13)

6 juin - Tours (37)

14 juin - Vaux-le-Pénil (77)

17 octobre - Château de Jallanges, Vouvray (37)

21, 22 novembre - La Madeleine (59)

2009
9 février - Tours (37)  [Scolaire]

14, 15 février - Tours (37)

21, 22 mars - Fretin (59)

27 mars - Saint Vallier (71)

14 avril - Sainte Maure (37)  [Scolaire]

11 juillet - Joué-les-Tours (37)

19 juillet - Athée sur Cher (37)
 
19 septembre - Parçay-Meslay (37)

2010
15 janvier - Millau (12)

23 janvier - L'Ile Bouchard (37)

Par Yannick Nédélec - Publié dans : calendrier des spectacles
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Dimanche 2 septembre 2007

On dit souvent qu’un comédien dit des fables comme un musicien fait des gammes. C’est exact d’un point de vue technique, mais il est bien sûr ridicule de réduire la fable à un simple exercice. Et un récital de fables a tout de même plus de sens et d’attrait qu’un concert de gammes !

Pour La revanche du corbeau, pas d’artifices. Pas de costumes ni de voix déformées pour montrer les personnages. Pas de lumières savantes, pas de décor astucieux. Le spectacle se veut une épure. Uniquement la beauté de la langue, la saveur des histoires et la complicité du conteur. Tout doit paraître facile, compréhensible, simple et malicieux, direct et plaisant. Le but n’est pas d’en mettre plein la vue, mais plein le cœur et le cerveau.

 

La référence à La Fontaine étant inévitable, le portrait du maître est présent sur scène, tantôt complice tantôt rival, parfois envahissant, souvent discret. Toujours respectueux.

 

Comme il n’est pas question de faire un One Man Show classique (une fable – cinq secondes de noir pour marquer la chute et provoquer les applaudissements – une fable – un noir – une fable – un noir…) les transitions se font plutôt en « fondu enchaîné ». Une ponctuation légère, une virgule musicale, un bref échange avec La Fontaine, ou carrément un petit sketch donnant l’apparence d’une improvisation, tout est pensé pour ne jamais tomber dans un procédé systématique, prévisible et donc lassant.

 

Les musiques sont choisies dans le même registre : des extraits de concertos pour hautbois de compositeurs italiens du XVIIème siècle (Vivaldi, Cimarosa, Zipoli…). Ce choix n’est pas dicté par un souci de classicisme (le ton et la nature des fables suffisent bien à prouver le contraire !), mais tout simplement parce que le hautbois est un instrument si proche de la voix humaine, pouvant être guilleret aussi bien que mélancolique, et que cette époque renforce évidemment les clins d’œil à La Fontaine.

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Par Yannick Nédélec - Publié dans : Présentation
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Dimanche 2 septembre 2007

Auteur d’une dizaine de comédies, de sept spectacles d’humour, de quatre spectacles pour enfants, et même de trois comédies musicales, je revendique l’étiquette de fantaisiste. L'écriture précise et exigeante privilégie une forme humoristique au service d’un fond consistant, soulignant souvent l’incompatibilité entre les rêves des hommes et les réalités de leur société.

 

« De façon populaire captiver les monarques,

et de façon princière toucher les roturiers,

ce qui revient au même - faut-il qu'on le remarque ? -

voilà pour un artiste la vraie gloire du métier. »

 

 

Acteur ayant longtemps pratiqué le One Man Show (souvent primé dans des festivals nationaux d’humour), ancien élève de Jean-Laurent Cochet, je reviens à la scène en solo après quelques années théâtrales en compagnie de divers partenaires, notamment Laurent Priou pour six ans de succès avec le spectacle « Les coureurs ».

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Par Yannick Nédélec - Publié dans : Présentation
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Mardi 23 octobre 2007
Pourquoi faut-il que tant de gens associent  les fables à de mauvais souvenirs de tristes récitations scolaires ?
Notre cher corps enseignant, malgré une évidente bonne volonté, est coupable de plusieurs erreurs. Tout d'abord, présenter l'oeuvre géniale de La Fontaine comme un support de récitation, alors même que les fables du maître sont de redoutables exercices pour comédiens entraînés, et que les professeurs de français sont rarement de grands spécialistes de l'expression orale. Dans les pires des cas, on décortique le texte écrit, on étudie sa forme grammaticale, son champ lexical, on compte les syllabes, on embrasse les rimes, on souligne les rejets, on demande d'apprendre par coeur, on fait venir au tableau et on exige une restitution respectueuse de la ponctuation, en "mettant le ton" pour que cela soit vivant !... Catastrophe. Où est la pétillance de l'histoire ? Où est la sensibilité du conteur ? Où est le plaisir de l'auditeur ? Ah, si les professeurs pouvaient être formés sérieusement pour stimuler l'éloquence sensible des enfants, par la maîtrise de simples techniques théâtrales ! Ah, si pouvait disparaître de nos oreilles cette pénible petite musique des petites voix qui marmonnent Le corbeau et le renard ou qui chantent faux La cigale et la fourmi...
La deuxième erreur est de présenter les fables uniquement à travers l'oeuvre d'un admirable auteur du XVIIème siècle. Quelques mots éventuellement sur Esope, qui lui non plus n'est plus très jeune. Cela ne fait que renforcer chez les élèves l'idée que ce genre littéraire est bien poussiéreux, difficile, archaïque. Pourquoi ne pas s'ouvrir aux auteurs de notre temps ? (Le problème se retrouve aussi cruellement pour le théâtre : "Quoi de neuf ? - Molière !"...) Montrons aux jeunes les fables de Jean Anouilh, de Jean Dutourd, de Francis Blanche même ! Et quand ils auront goûté la fantaisie et l'intelligence par des mots de notre époque, il sera toujours possible et souhaitable de se pencher sur notre maître à tous : Jean de La Fontaine.
Allez, une troisième erreur ? Réduire les fables à quelques histoires célèbrissimes. La Fontaine n'est guère présenté qu'avec son "best of". Une douzaine de titres phares, réputés incontournables, qui feraient notre fond de culture commune. Alors qu'il y a tant de chefs d'oeuvre parmi ses deux cent quarante fables ! Ces figures imposées aux morales accessibles ne stimulent pas la curiosité. On ne peut aimer Brassens que pour ses dix chansons les plus connues, alors ouvrons la porte aux merveilles ignorées de La Fontaine : osons Le juge arbitre, l'hospitalier et le solitaire, et laissons un peu Perrette éponger son lait !
Et la moralité ? Surtout ne jamais la présenter comme une leçon de morale, mais comme une porte ouverte pour une réflexion personnelle. Notre siècle se méfie des morales. Nos contemporains tiennent à leur liberté individuelle, et beaucoup considèrent (à tort, bien sûr) que les morales viennent en restrictions. Là aussi, la pédagogie est bien subtile...
Notre temps est celui de la chanson. Disons même de la chansonnette. Il en faut. Mais on a bien besoin de retrouver la malice des histoires de bestioles ou d'objets qui singent les hommes. Il nous faut retrouver de fabuleux griots !
Par Yannick Nédélec - Publié dans : Billet d'humeur
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Samedi 27 octobre 2007

Blanc, raffiné, plein d'esprit,

            le sel devant les condiments

            tenait avec certain mépris

            des discours, des boniments,

            dont la teneur outrancière

            humiliait poudreux et huileux.

            Mais le sel, de toute manière,

            n'a pas à être mielleux.

            Le poivre en particulier,

            son fidèle accompagnateur

            à table comme au vaisselier,

            craignait le conservateur.

            “ Voyez comme on me saupoudre,

            lui dit le chlorure de sodium,

            alors que vous, il faut vous moudre !

            Qui de nous est gentilhomme ?

            Des doigts délicats me sèment,

            on vous écrase, on vous mouline.

            Point de palais où l'on ne m'aime.

            On craint vos grains comme des épines.

            Vous êtes noir, piquant, grossier,

            vous ramenez l'instinct sauvage

            dans les plus nobles et fins gosiers.

            Les poussières qui se dégagent

            de votre peau mal tannée

            font aux humains pire que des rhumes,

            si vous passez près de leur nez.

            Alors que moi, je rallume

            les regards des femmes évanouies.

            Avec vous, poivres et piments,

            je trouve dégradant et inouï

            de partager l'assaisonnement !

            Nous ne sommes pas de la même race !

            Je suis la richesse, la saveur.

            Ne venez pas gâcher mes traces,

            ni me souiller de vos couleurs ! ”

              Ainsi jusque sur nos tables

              s'impose la raison du plus blanc.

              Le noir à coup sûr est coupable...

              De quoi ? D'être, et d'être troublant.

              Poivre et sel pourraient s'unir

              autant que l'huile et le vinaigre...

              Mais on n'a pas le même avenir

              quand on est blanc, quand on vit nègre.

"La revanche du corbeau" est publié aux éditions Thôt.

Par Yannick Nédélec - Publié dans : Fables
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Samedi 27 octobre 2007

Les gallinacés, sur le plan intellectuel,

ont une assez piètre réputation.

Voici pourtant le cas inhabituel

d’une poulette en proie à de graves questions.

Notre cocotte (appelons-là Cocott’ Claudette,

si personne n’y voit d’inconvénient)

avait l’habitude de picorer des miettes,

du grain, et toutes sortes d’ingrédients

rescapés des déchets des assiettes des hommes.

Claudette, un jour, au milieu du maïs,

découvre un petit pois. Elle est peu gastronome,

et voit d’un mauvais œil ce rond vert qui se glisse,

incongru, entre ses cousins jaunâtres.

Elle se fige, elle hésite, elle observe,

tandis que les volailles tout autour folâtrent.

On ne sait si le pois la répugne ou l’énerve,

mais elle reste un long moment, la tête penchée.

Hypnotisée, elle s’arrête au vert.

D’autres n’en auraient fait qu’une bouchée ;

pour elle, c’est le pois de départ d’un calvaire.

Pourquoi est-il là ? Pourquoi est-il rond ?

Est-il amer et triste aussi loin de sa gousse ?

A-t-il le complexe du potiron ?

- Voyez un peu où la contemplation la pousse !

Et ce n’est qu’un début. - Elle met l’œil dessus.

Le gauche. Puis le droit. L’angoisse monte.

Elle se demande qui l’a conçu,

et comment. Est-il aussi le fruit d’une ponte ?

Que mangent les petits pois ? A quoi rêvent-ils ?

Est-ce la peur qui les fait mettre en boule ?

Devinent-ils que la casserole est hostile ?

Devant la mort, ont-ils la chair de poule ?

Claudette a le vertige, elle panique,

elle ergote, elle glousse de travers,

elle est prise d’un caquètement satanique,

pour avoir dévisagé un grain vert !...

Puis elle se reprend, pensant que le légume

est ensorcelé. Sérieuse et discrète,

elle remet de l’ordre dans ses plumes,

se donne un coup de peigne sur la crête,

et va pour picorer un morceau de pain sec.

Mais ce croûton… Qui est-il ? Et pourquoi ?

Que ressent-il à l’approche du bec ?

Sait-il qu’il n’est qu’un bout ? La mie a-t-elle un moi ?

Un instant d’attention et revient le malaise !

Claudette tourne folle, et voyant ses copines

batifoler, bavardes, gourmandes et niaises…

au lieu de les rejoindre, elle les examine !

« Pourquoi Thérèse n’est-elle pas verte ? »,

c’est la terrible interrogation qui l’abat.

Pour les poulettes futiles, c’est une perte

qui ne suscite guère de débat.

   Soyons inattentifs et gardons nos distances.

   Nos proches, c’est de loin souvent qu’on les voit bien.

   On regarde parfois avec trop d’insistance,

   on voudrait les aimer… On n’y comprend plus rien !

Par Yannick Nédélec - Publié dans : Fables
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Dimanche 28 octobre 2007
undefined      Dans sa version complète, le spectacle est adapté à des salles de théâtre assez petites (moins de 200 places). Il peut être programmé dans une saison culturelle, ou bien lors de festivals d’humour, de conte, ou de poésie.

 


     En dehors du contexte classique des représentations en salles de spectacle, il est possible de proposer des interventions en milieu scolaire.

     Le spectacle est alors plus court (50 minutes), sans régie, et rebaptisé Le bac à fables. Il ne nécessite pas particulièrement d’espace scénique. Un petit amphithéâtre, une bibliothèque, ou même une salle de classe un peu aménagée : des lieux simples peuvent être suffisants.

     Le récital peut également être prolongé par une discussion entre les élèves et l’artiste. Peuvent aussi être envisagées des séances de travail particulières, comme un atelier d’écriture autour des fables, ou une initiation à l’interprétation.


     Enfin, « La revanche du corbeau » peut être proposé en animation dans des médiathèques, bibliothèques, ou autres lieux culturels. Il peut également être joué en théâtre d’appartement ou en repas spectacle. Comme pour les séances scolaires, le spectacle est raccourci et peut être suivi d’échanges avec le public.

Par Yannick Nédélec - Publié dans : Présentation
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Vendredi 30 novembre 2007
Après avoir lu cette nouvelle fable, il vous prendra peut-être l'idée d'essayer la recette. Nous pouvons même, sur ce principe, nous lancer des défis entre fabulistes ! N'hésitez pas à faire des propositions, à me communiquer vos réalisations... Commençons par être fous, comme il est expliqué dans ce qui suit ! La sagesse viendra nous récupérer en route. Et dans tous les cas le plaisir est garanti !

Ecrire une fable est un jeu d’enfant.

C’est dire la difficulté pour un adulte.

Les histoires de souris, d’éléphants,

les amusantes morales qui en résultent,

ne viennent que dans des esprits joueurs,

où la fantaisie voyage avec la rigueur.

Ne restez pas bloqué dès le départ :

levez les yeux, observez la vie alentour,

le ciel, le plafond, la mer, le placard…

A cour ou à jardin, vous trouverez toujours

de quoi rêver. Faîtes feu de tout bois,

et jetez sur la page : « il était une fois ».

Un chat qui torture un lézard, le vent

qui soulève un jupon, du lait qui déborde,

un ivrogne, une coquette, un savant,

un proverbe chinois, un nœud sur une corde,

n’importe quoi peut servir de déclic !

(Et plus c’est saugrenu, plus ça plaît au public.)

Lancez une histoire abracadabrante

- la vérité souvent est plus invraisemblable ! -,

laissez courir, et au bas de la pente,

la vie vous soufflera une chute admirable.

Voici la clé pour la consécration :

folie pour le début, sagesse en conclusion.

Ne partez pas d’une grande pensée :

vous auriez trop de mal à trouver l’anecdote.

Voulant prouver par un discours sensé,

vous écririez sans joie, comme avec des menottes.

D’un détail incongru, une maxime

souvent pourra sortir, qui paraîtra sublime !

Essayons. Soufflez-moi, je vous écoute.

N’importe quoi. Ne cherchez pas un grand sujet,

la morale nous rejoindra en route.

Que voyez-vous donc ? Quelle bête ? Quel objet ?

A moins que vous ne préfériez me pondre

un faux dicton, un message de radio-Londres ?

« La brouette s’insurge sous l’enclume. »

Ou « Le chien d’Emile a mordu à l’hameçon ».

Voilà qui promet ! Au fil de la plume,

voguons vers je ne sais quelle jolie leçon…

Donc, il était une fois… la brouette !

(Les muses sont taquines. Allez, vas-y, poète !)

Elle souffre, elle couine, elle ahane.

Elle tremble, elle tangue plus qu’elle ne roule.

Tous les douze pas elle tombe en panne.

A chaque embardée on craint qu’elle ne s’écroule.

Mais elle avance en écrasant la terre,

tel un athlète usé arrachant ses haltères.

- Ne refusons pas un peu de lyrisme :

les banalités ont besoin de maquillage. –

Changeant enfin son style d’héroïsme,

l’opprimée profite d’une erreur d’aiguillage,

renverse l’enclume au fond du fossé,

bascule dans le camp de ceux qui crient : « assez ! »

Soulagée du tyran, hardie, joyeuse,

les bras levés, en roue libre, elle redémarre.

Elle tourne à vide, la besogneuse !

Sans contrainte, le rêve vire au cauchemar.

La pauvre erre comme une âme en peine,

regrettant le bon temps où elle était trop pleine.

Alors elle quémande un tas de feuilles,

des pelletées de terre, une branche, ou un tronc,

chante à l’idée de porter un cercueil.

Elle accepterait même une chape de plomb…

Voyez ! Faut-il encore argumenter ?

N’avons-nous pas déjà notre moralité ?

Les hommes, délivrés de l’oppression,

essaient la liberté comme un habit trop large.

Ils trébuchent dans leurs révolutions,

et cherchent l’équilibre en reprenant des charges.

   Et si la fin de la fable est atteinte,

   c’est, en grande partie, grâce au poids des contraintes !


Par Yannick Nédélec - Publié dans : Fables
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