La fréquentation de ce blog stagne à un niveau honteux ! Chaque jour, quelques élèves de sixième y font une brève incursion après avoir tapé sur Google ""écrire une petite fable qui rime
et avec une moralité". Et aussi heureusement de temps en temps quelques vrais rares amateurs prennent le temps de lire... Je sais que pour faire de l'audience, je ferais bien mieux d'animer un
blog sur "Mes recettes de clafoutis au chocolat", ou sur "Mes statistiques sur les coups-francs de Juninho" , mais je ne me sens pas compétent sur la plupart des thèmes qui passionnent le
grand public. Et comme je suis un obstiné, pas encore épuisé de précher dans le désert, comme les réactions formidables des spectateurs lors de mes spectacles m'encouragent à m'acharner dans
cette voie ingrate, je vais tenter avec cette fable de doper la fréquentation de nedelec-fables.over-blog !
Comment ?
Avec une fable un peu particulière que je vais en quelque sorte mettre en produit d'appel. Ma fable de tête de gondole. Et de quoi parle-t-elle, cette fable ? Mais de cul, bien sûr ! C'est
bien le meilleur moyen d'attirer les foules, non ? J'y ai mis plein de mots-clés intéressants : fesses, queue, culotte, cul, anus... Idéal pour que tous les moteurs de recherche m'envoient plein
de monde ! De plus, cette histoire des fesses du bouc m'amènera tous ceux qui orthographient stupidement Facebook !
Je vais surveiller attentivement les statistiques...
Et amusez-vous bien tout de même avec "Le bouc et l'âne" (qui est extrait de mon prochain spectacle "L'effet salaire").
LE BOUC ET L’ANE
« A quoi servent les queues ? », c’est la grave question
que se posent tous ceux qui en sont dépourvus,
ou ceux qui n’ont qu’un bout, triste dans l’inaction.
Un âne bien doté, d’une longue et touffue,
passa auprès d’un bouc dont le fessier s’ornait
d’un malheureux moignon. Un nuage de mouches
suivait chaque animal. Mais elles taquinaient
sur l’âne le museau, le tour des yeux, la bouche,
tandis que sur le bouc on ne voyait d’insectes
que vers l’arrière-train. Le peuple bourdonnant,
attiré par le cul, s’y concentrait direct !
A votre avis, pour qui est-ce le plus gênant ?
Vous verriez-vous baudet, les mouches autour du crâne,
ou bouc à courte queue, avec l’essaim aux fesses ?
Il est certes flatteur de penser comme l’âne
qu’à son regard, sa tête, le peuple s’intéresse,
et il serait navrant de n’attirer les foules
que par son trou de balle amplement exhibé !
Mais d’un côté on se mettrait une cagoule,
de l’autre une culotte, ou de quoi se fouetter…
Ni l’âne ni le bouc ne sachant le tricot,
ils devaient supporter les mouches vaillamment.
La bête à cornes interpela le bouricaut :
« Ane, mon frère âne, j’envie ton instrument,
qui avec élégance éloigne les vicieuses.
Privé de postérieur, ton public volatile
va chercher sur ton front tes pensées délicieuses…
- Tu parles ! Ces bandes d’excitées m’horripilent !
J’aimerais un bonnet, ou me greffer la queue
entre les deux oreilles ! J’ai parfois l’impression
qu’en fouillant mes naseaux, tous ces maudits piqueux
sont déçus de trouver mes maigres sécrétions !
Sans gêne aucune, bouc, remue ton popotin
et vois comme le monde accoure ! Et ça frétille
bien mieux sur ton crottin que sur mon baratin !
Ça t’agace, et pour en chasser tu te tortilles ?
Mais, bougeant le croupion, il en vient deux fois plus !
Mon cher, c’est un triomphe ! Avec des mouches riches,
tu serais cousu d’or tout autour de l’anus !
Ne cherche pas de queue pour protéger tes miches ! »
L’homme a réglé l’affaire en inventant le slip.
Cacher la tentation ne tue pas l’intérêt,
et laissant la pudeur, oubliant les principes,
on crée l’agitation en dévoilant la raie…
| Novembre 2009 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | ||||||||||
| 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | ||||
| 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | 14 | 15 | ||||
| 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | 21 | 22 | ||||
| 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | 28 | 29 | ||||
| 30 | ||||||||||
|
||||||||||